Revue de gestion du personnel médical et hospitalier des établissements de santé

EDITO

Que souhaiter pour 2021 ?

 

Jérome LARTIGAU

Maître de conférences - CNAM
Ancien directeur d'hôpital

Il est d'usage de commencer la nouvelle année en adressant nos meilleurs voeux à nos proches, à nos collègues, à nos interlocuteurs et partenaires. Nous en ferons de même pour nos lectrices et lecteurs de la revue Santé RH. Mais que souhaiter pour cette nouvelle année 2021 ? Car à l'heure où ces lignes sont écrites, le monde entier est plongé dans une crise d'une ampleur inédite, emportant toutes les certitudes dans son sillage et provoquant une sidération et un abattement croissants. Notre pays et l'ensemble de nos institutions sont bousculés par ce qui ressemble à un cataclysme que peu d'entre nous ne pouvaient imaginer il y a à peine un an.

Dans ce contexte de crise extrême, les établissements de santé vivent un moment paroxystique et paradoxal : le système n'a sans doute jamais été autant sous pression mais en même temps aussi légitimé par tous. Rarement les hôpitaux ont pu ressentir un tel élan de solidarité de la population ni un tel intérêt manifesté par les pouvoirs publics. Mieux, ils se retrouvent - sans l'avoir demandé - au centre de la problématique de la gestion de la crise : les décisions prises par le gouvernement qui affectent tant notre vie quotidienne sont essentiellement indexées sur les capacités hospitalières et en particulier sur le nombre de lits de réanimation disponibles ! Ironie d'une situation dans laquelle toutes les dimensions de la vie collective : économiques, politiques, sociales, sociétales voire anthropologiques, dépendent presque exclusivement d'indicateurs naguère réservés aux spécialistes des soins de réanimation. Situation d'autant plus paradoxale que personne, hormis les professionnels de terrain confrontés quotidiennement aux victimes du Covid, ne peut voir réellement les conséquences sanitaires de l'épidémie tandis que tout le monde souffre des effets collatéraux de la crise. Un autre paradoxe réside dans le poids démesuré des médecins hospitaliers dans la parole publique et dans les instances de pilotage sanitaire, lequel ne fait que renforcer cette impression d'hospitalo-centrisme, alors même que l'institution hospitalière est depuis plusieurs années soumise à de fortes tensions et en particulier une révolte à bas bruit d'une partie importante de la communauté médicale. L'hôpital est donc sous les feux de l'actualité, légitimé comme il ne l'a sans doute jamais été mais bien malgré lui à l'origine des arbitrages douloureux imposés à d'autres secteurs d'activité.

Dans cette situation exceptionnellement difficile, nous adressons plus que jamais nos voeux à nos lectrices et lecteurs, et nous sommes certains qu'ils seront prompts à relever les défis immenses auxquels ils sont confrontés.

 

Newsletter de Santé RH

Inscrivez-vous et soyez informé de nos nouvelles parutions et de l'actualité de notre site