Edito

Les points de vues et perspectives sur les ressources humaines du secteur sanitaire, social et médico-social

 

Dans le n° 37 - Mars 2012

Les enfants de la génération HPST lancent un appel pour sauver l'hôpital public

L'hôpital public est le miroir de notre société et le fer de lance de la solidarité au sein de notre système de santé. Nous, médecin et directeur d'hôpital, avons le devoir de pérenniser les valeurs qui nous ont été transmises et si nous devons vivre nos futures années professionnelles sous l'autorité de la loi HPST(1), nous craignons de ne plus pouvoir appliquer ni enseigner ces valeurs.

Aujourd'hui, le mouvement de privatisation de l'hôpital et sa bureaucratisation nous inquiètent car ils menacent l'équilibre de notre contrat social. Nous ne voulons pas d'un système de santé dans lequel il faudra sélectionner les patients pour être rentable. Nous ne voulons pas d'un système reposant sur la concurrence entre les structures et entre les hommes.

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Dans le n° 36 - Février 2012

Incertitudes et/ou opportunités ?

L'année 2011 a vu se cumuler comme jamais les mauvaises nouvelles, croissance en berne, chômage, reparti à la hausse, euro déstabilisé et  économies européennes à bout de souffle, perte annoncée du triple A et crainte des effets dévastateurs qu'il aura sur le quotidien de chacun de nous. La liste est longue des désillusions et des remises en causes que nous voyons poindre à l'horizon de 2012, année électorale,  où tout semble se conjuguer  pour que soit  confirmé notre basculement dans la déprime collective. Les hôpitaux publics à l'image du pays ne sont pas en reste de la morosité ambiante et cumulent eux aussi les tristes constats : finances en déliquescence, perte d'image et de notoriété, restructurations inachevées, personnels démotivés... Cette situation quasi générale de perte de confiance en l'avenir semble  inhiber la plupart des responsables, dont les responsables hospitaliers, en concentrant les énergies à ne pas être " là ou va tomber la météorite "  Comme si chacun était dans l'attente de l'inéluctable et de la catastrophe annoncée.

Après tout la réalité n'existe pas, seul le regard que l'on porte sur les choses leur donne un sens. Et il y a beaucoup de sens à donner pour les établissements de santé et leurs personnels à cette année 2012. Ne faut-il pas transformer toutes ces incertitudes en autant d'opportunité ? Travailler par exemple à rendre la médecine plus " sobre " pour aller vers une médecine ou l'on va faire le geste médical approprié, l'examen biologique ou radiologique nécessaire et utile au diagnostic et au traitement, la durée de séjour et le mode de prise en charge adapté au besoin... Comment ne pas voir les formidables économies qui sont derrière une médecine très " développement durable "  et qui pour une fois n'oppose pas la performance, la qualité des soins et les couts ? Avoir aussi le courage de s'attaquer, encore plus qu'on ne le fait aujourd'hui, aux organisations de travail défaillantes, inefficaces et couteuses, quelle soit d'ailleurs médicale, soignante, administratives technique ou logistique, et qui sont maintenues par crainte de toucher aux situations acquises.

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Dans le n° 35 - Janvier 2012

Année 2012 : rigueur et austérité en toile de fond pour les établissements ?

Si l'année 2011 fut difficile pour nombre d'établissements, 2012 sera probablement le point de départ d'une véritable politique managériale de rigueur pour l'ensemble des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. En effet l'hôpital, acteur majeur du système de santé, ne vit pas isolé dans sa bulle et ne peut en conséquence s'exonérer d'une particip    ation active à l'amélioration des finances publiques. Ce constat explique en partie la contribution attendu de lui dans le cadre des 500 millions d'euros d'économies supplémentaires demandées par le gouvernement dans le dernier plan de rigueur.
En ramenant l'objectif national des dépenses d'assurance-maladie (ONDAM) de 2,8 à 2,5%, il a été nécessaire de déterminer les secteurs sur lesquels les mesures d'économie pouvaient porter. Si les principales contributions au plan de rigueur en santé sont demandées au secteur privé : médicament à hauteur de 290 millions d'euros, décotes tarifaires en radiologie et en biologie à hauteur de 90 millions d'euros ; le secteur public contribuera de son côté par la diminution des dépenses médico-sociales à hauteur de 20 millions d'euros et par la baisse de dotation du fond de modernisation des établissements de santé publics et privés pour 15 millions d'euros.

Et ce n'est qu'un début puisque le gouvernement demande que l'ONDAM reste fixé à 2,5% jusqu'en 2016 en indiquant, dans le rapport adopté par les parlementaires : " compte tenu d'une évolution tendancielle légèrement supérieure à 4% de ces dépenses, un effort d'économie de plus de 2,5 milliards d'euros chaque année est nécessaire. Ces économies seront justement réparties entre effort de maîtrise médicalisées des dépenses de soins de ville, baisse des coûts des médicaments par le développement des génériques et l'action sur les prix des produits, amélioration de l'efficience hospitalière et convergence tarifaire ".

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Dans le n° 34 - Décembre 2011

Élections dans la fonction publique hospitalière : le désamour ?

Si les résultats des élections dans la fonction publique hospitalière du 20 octobre dernier ont peu modifié les rapports des forces en présence puisqu'avec un score de 33,51%, la fédération CGT Santé Action sociale conforte sa place de première organisation syndicale dans la fonction publique hospitalière avec une progression significative par rapport au score enregistré en 2007, ces résultats font débat malgré tout quant à la délicate question de l'importance des abstentions. Seul un agent sur deux a voté (50,59%) et le taux réel est même de 48,6% si l'on décompte les bulletins blancs ou nuls. Pour mémoire, rappelons qu'en 2007, la participation avait été de 58,22%.

Temps fort du dialogue social dans l'ensemble de la fonction publique hospitalière puisque quelques 3 800 instances ont été renouvelées dans les établissements, enjeu démocratique pourtant majeur largement légitimé par la loi du 5 juillet 2010 relative à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique qui met en oeuvre les accords de Bercy du 2 juin 2008 signés entre le Gouvernement et six des huit organisations syndicales représentatives de la fonction publique, cette loi n'aura pas permis d'enrayer la hausse des abstentions.

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Dans le n° 33 - Novembre 2011

Des titulaires intérimaires ... il y a quelque chose qui ne tourne plus rond !

L'IGAS a rendu un rapport sur le cumul d'activités dans la fonction publique hospitalière(1). Les données révélées n'étonneront que ceux qui découvrent ou feignent de découvrir la problématique. Selon l'IGAS, "(...) Le dispositif juridique est précis et souple mais mal connu"...comme la très grande majorité du statut ! Ce qui explique ces décalages permanents, mais parfaitement injustifiés, entre le texte de loi et la pratique; décalages quasi systématiquement couverts par une sacro-sainte tolérance managériale dont les largesses devraient, elles, susciter l'étonnement. Et pourtant. En 2008, sur les 359 484 agents titulaires sur des postes soignants et médico-techniques, 24 547 étaient multi-actifs, avec une activité autorisée ... ou pas. Ils représentent 6,8% des pluri-actifs déclarés. Sur ces 24 547 agents pluri-actifs, 19 180 agents minimum - c'est-à-dire près de 80% - étaient en situation de cumul irrégulier. L'IGAS montre plus particulièrement du doigt la profession des infirmiers anesthésistes réanimateurs : 19% d'entre eux cumuleraient une activité, touts secteurs confondus, public et privé.

Il convient néanmoins de préciser que l'étude n'a porté que sur les professions soignantes et médico-techniques. Et encore, l'IGAS reconnaît que la quantification du phénomène ne peut être faite que par appariement de fichiers nominatifs; or, compte tenu des délais introduits par la CNIL dans son avis pour le traitement des données nominatives, la mission s'est concentrée sur les données fournies par l'INSEE sur la multi-activité salarié afin de ne pas différer la remise du rapport. Les bases d'un tel rapport peuvent donc être discutées en partie.

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Dans le n° 32 - Octobre 2011

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

L'efficience médico-économique est depuis quelques années devenue le fer de lance des politiques hospitalières. Dont acte. Il était effectivement temps d'envisager notre action sous cet angle, gage d'efficacité sur le long terme.

Si la santé n'a pas de prix, elle a un coût ! Alors certains pourront ironiser en disant que ce n'est pas une révolution intellectuelle et ils auront raison...mais en tout cas, il s'agit bien d'une révolution culturelle. Le passage à la T2A en est le point saillant. Il s'en est suivi une vaste course aux tableaux de bord type case mix et la mise en place d'une myriade d'indicateurs tous plus pertinents les uns que les autres, si on les prend individuellement, et souvent inexploitables lorsqu'on les regroupe...Pourtant, lors de mes différentes formations, tous les contrôleurs de gestion étaient unanimes : " un bon tableau de bord doit au minimum comporter 30 indicateurs, pour assurer un réel pilotage médico-économique ". Rappelons tout de même que le Gouverneur de la BCE ou bien encore le Directeur du Budget pilotent l'Europe et la France avec une dizaine d'indicateurs...

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Mots clés : Attractivité, Mobilité, Recrutement, Personnel de direction

Dans le n° 31 - Septembre 2011

Suppression d'effectifs : les risques d'une approche purement comptable

Au moment où le Pr F.Nicoli, spécialiste de renommée internationale, chef de service de l'unité d'urgence neuro-vasculaire à l'hôpital La Timone à l'AP-HM quitte l'hôpital public au profit d'un autre mode d'exercice pour insuffisance de moyens et de soutien, le corps médical de l'AP-HP s'alarme du contenu d'un document élaboré par la direction des ressources humaines, destiné à permettre le retour à l'équilibre financier à l'échéance de 2012. Celui-ci envisage la renégociation du protocole RTT en vu d'horaires en 7h30 de jour, ce qui rendrait alors possible un gain de 1 500 postes en équivalent temps plein. Par ailleurs, pas moins de 3 500 suppressions d'emplois temps plein, principalement soignants, sont envisagées d'ici 2014 : 1070 en 2011, 1070 en 2012, 436 en 2013 et 652 en 2014. Une diminution des postes de directeurs est prévue elle aussi, à concurrence de 200 d'ici 2014.

Face à l'ampleur de la diminution des effectifs, la direction des ressources humaines marche sur des oeufs et le document indique clairement " la ligne est très délicate à tenir afin de ne pas tomber dans le syndrome d'autres grandes entreprises ". Le douloureux souvenir des drames humains vécus chez France Télécom n'est pas si vieux...

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Mots clés : Masse Salariale, Politique RH, Réduction du Temps de Travail

Dans le n° 30 - Juillet 2011

La gestion des ressources humaines aujourd'hui ou la révolution silencieuse

25 ans après, quel avenir pour la fonction publique hospitalière ? Un colloque, fût-il organisé par l'ADRHESS un vendredi 13 mai 2011 à la Cité universitaire de Paris, ne suffirait pas à épuiser le sujet. Cette rencontre a eu plus modestement pour ambition de délivrer des messages forts, et de jeter des pistes de réflexion.

Pari réussi, en somme.

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Mots clés : Contractuels, GPEC, Politique RH

Dans le n° 29 - Juin 2011

Revalorisation statutaire de la profession infirmière : que des perdants ?

Suite aux propositions gouvernementale consécutives à la reconnaissance du diplôme d'État d'infirmier au niveau licence, la profession infirmière bénéficiait d'un droit d'option jusqu'au 31 mars 2011 : conserver le droit à une pension de retraite à l'âge de 55 ans (57 ans en 2018 suite à la réforme des retraites) ou être promus en catégorie A, ce qui représentait un gain en fin de carrière de l'ordre de 300 euros, et perdre consécutivement l'avantage d'un droit à retraite anticipé.

Si les résultats de ce droit d'option n'ont pas encore été officiellement communiqués par le ministère, ils sont tout de même déjà connus pour l'essentiel et illustrent bien la franche opposition qu'une bonne partie de la profession avait manifesté dés 2009.

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Mots clés : Infirmières

Dans le n° 28 - Mai 2011

De l'usage des annexes des rapports publics...

On ne s'intéresse pas assez aux annexes des rapports publics. Elles constituent pourtant  la matière à partir de laquelle les auteurs formulent leurs recommandations.'est l'occasion d'explorer une source précieuse de renseignements  à disposition : questionnaires, entretiens compréhensifs, statistiques, verbatim et ainsi reconstituer la démonstration du rapporteur.

Prenons pour exemple une des annexes du récent rapport(1) sur la modernisation de la politique des ressources humaines dans les établissements de santé, qui nous livre les résultats d'une enquête statistique d'une excellente facture. Nous sommes dès lors renseignés sur ce qu'attendent les acteurs internes de l'hôpital d'une politique et d'une direction des ressources humaines.

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Mots clés : Politique RH

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