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Dans le n° 88 - Novembre 2016

Par Laurent QUEINNEC


Les responsables des ressources humaines face à la contrainte économique

Pour les DRH et les directeurs des affaires médicales des établissements publics de santé interrogés par le " Baromètre FHF-Obea des enjeux RH ", la gestion de la masse salariale est, à 80%, la principale priorité sur laquelle ils se mobilisent. Il est vrai qu'en pilotant 70% des coûts hospitaliers, la pression est constante : réduction d'effectifs, renégociation des protocoles RTT, optimisation des plannings, absorption des revalorisations de revenus ou encore mutualisations des moyens sont au centre des préoccupations.

Ce résultat n'est pas sans poser quelques questions sur la vocation même de la fonction ressources humaines, et sur l'éventuelle frustration que pourraient en ressentir ses responsables.

Les DRH seraient-ils devenus avant tout des gestionnaires chargés de faire plier les établissements à partir de contraintes économiques et budgétaires ? A l'image de l'administration, l'hôpital est traditionnellement géré avec une logique up-down, de haut en bas. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, les DRH prennent la contrainte économique comme une incitation à faire évoluer leur pratiques RH, notamment par le pilotage, et ce dans une proportion plus importante que dans les entreprises privées, ce qui démontre bien leur engagement personnel.

Pour autant, cette contrainte qui pèse sur les ressources humaines se fait-elle au détriment de compartiments importants de la gestion des ressources humaines ? Des thèmes comme les risques professionnels, la GPMC ou les secondes parties de carrière se retrouvent en effet moins bien positionnés dans l'enquête, non pas en préoccupation, mais en mobilisation des responsables RH.

Ces derniers constatent par ailleurs une augmentation de la part du personnel exposée à des situation d'insécurité, et en situation de précarité s'agissant du personnel non-médical. Une statistique à relier avec celle relatant que, malgré un climat social positif pour 80% d'entre eux, la moitié craignent une dégradation dans les mois qui viennent.

L'engagement professionnel des responsables RH est-il affecté par ces contraintes économiques ? Absolument pas : l'étude relate un niveau très élevé d'engagement des professionnels vis-à-vis de leur métier, des valeurs de service public et de leur établissement.

Viennent enfin les solutions à mettre en oeuvre. Les trois-quarts des sondés disent ne pas avoir les moyens de mettre en oeuvre cet engagement professionnel. Il est vrai que les rigidités réglementaires sont un frein à leur faculté d'initiative.

Dans un environnement devenu terriblement complexe, les injonctions, quand elles ne sont pas contradictoires, venues d'un sommet éloigné du terrain peuvent être bloquantes voire contre-productives.

Une logique bottom-up, du bas vers le haut, indissociable de la responsabilisation des acteurs, serait sans doute une piste d'autant plus intéressante à envisager que l'engagement des responsables RH envers leur hôpital est total.



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